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Calendrier de l'Avent 2021 - jour 20

Rédigé par Lou Morens Aucun commentaire
Calendrier de l'Avent 2021 - jour 20 Extrait Double meurtre
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La jeune femme disparut aussitôt dans l’arrière-boutique et prit soin de fermer la porte à clef derrière elle. Je restai pantois quelques instants, comment connaissait-elle mon nom ? Je n’avais vu aucune porte cochère en arrivant, mais je savais aussi que je n’obtiendrais rien en restant dans la laverie. Je sortis alors en restant sur mes gardes. J’étais à peine sorti que le rideau de fer ferma l’accès à la boutique. C’est alors que je distinguai la fameuse porte, j’étais pourtant certain qu’elle n’était pas là quelques minutes plus tôt. Elle donnait sur une ruelle dans laquelle je m’engouffrai l’arme au poing. La porte se referma aussitôt derrière moi, me faisant sursauter. Je me retournai et l’examinai. Elle ne possédait ni poignée ni verrou, aucun mécanisme ne permettait de la faire pivoter sur ses gonds. Mon rythme cardiaque accélérait, j’étais intrigué plus qu’apeuré. Qui pouvait bien avoir les moyens d’une telle mise en scène ? Même les Nations Unies ne prenaient pas autant de précautions… Malgré l’excitation, je me sentais prisonnier et la seule issue était celle que la jeune femme m’avait indiquée. Je trouvai effectivement une petite porte en bois quelques mètres plus loin sur la droite. La porte me semblait si fragile que je l’ouvris avec la plus grande précaution. La pièce s’éclaira aussitôt me laissant découvrir l’arrière-boutique de la laverie. J’avais à peine fait un pas dans la pièce que la porte se referma rapidement me laissant entendre un bruit métallique de serrure qui se verrouille. Je fis volte-face, la porte n’était pas de bois, mais de métal, et comme la porte cochère, elle ne possédait ni poignée ni verrou visible. Ne pouvant revenir en arrière, je détaillai la buanderie. Plusieurs porte-manteaux soutenaient divers costumes et uniformes de différents pays, tous soigneusement emballés. La porte de droite donnait sur la laverie, des tuyaux d’arrivée d’eau couraient le long du plafond. La grille du monte-charge situé devant moi s’ouvrait doucement, m’invitant à y pénétrer. Je suivis la piste prédéfinie, toujours sur mes gardes. Quelques secondes plus tard, je me retrouvai deux étages plus bas. La grille s’ouvrit sur une grande salle où une pléthore d’ordinateurs futuristes prenait place sur des paillasses agencées de manière très fonctionnelle. Cela contrastait avec les ordinateurs et les locaux que je connaissais au BEI, où seuls quelques opérateurs, comme Isobel, étaient autorisés à utiliser ces machines. Dans un coin de la pièce, je pus distinguer un homme qui était concentré sur une machine étrange, peut-être un faisceau laser, mais rien n’était moins certain. Je ne comprenais pas ce que je faisais là. Comment une telle installation pouvait-elle se trouver dans cette petite rue ? Du coin de l’œil, j’aperçus un homme qui approchait doucement en me souriant, il m’observait sans retenue. Il portait un pantalon gris foncé, une chemise blanche surmontée d’un gilet marron foncé ornementé d’une chaînette laissait imaginer une montre à gousset. Il n’était visiblement pas armé. Mon mystérieux inconnu venait à ma rencontre. Je ne parvenais plus à rassembler mes idées ni à parler et je dévisageais cet homme qui approchait de moi sans mot dire.

— Vous pouvez ranger votre arme, lieutenant Bridger, personne ne peut entrer ici. Soyez le bienvenu.
Je repris quelque peu mes esprits en entendant la voix apaisante de mon hôte. J’étais partagé entre l’émerveillement et la colère.
— Qui êtes-vous ? C’est bien vous qui étiez sur les lieux du crime ? C’est vous qui avez fouillé ma chambre ?
— J’étais bien sur les lieux du crime, nous n’avons pas fouillé votre chambre. Je me présente, Jack Cooper, voici Nargesse qui vous a accueilli à la laverie, là-bas vous pouvez apercevoir Taïn. Amanda arrive avec le repas, si vous voulez bien sortir de l’ascenseur afin que je puisse lui renvoyer…
Je sortis doucement. Je rangeai mon arme, mais restai sur mes gardes. L’ascenseur repartit aussitôt.

M. Cooper suivit Amanda et j’essayais de mettre de l’ordre dans mes idées. Je dois avouer que j’avais peine à reprendre mes esprits. Jack se retourna et me fit signe de le suivre en arborant un petit sourire taquin. Je le dévisageai et lui emboîtai enfin le pas jusqu’à une salle qui servait de cuisine. Une grande fenêtre donnait une belle vue sur tout le matériel qui se trouvait dans la grande salle. La jeune femme qui m’avait accueilli à la laverie, nous rejoignit aussitôt et passa devant moi. J’étais toujours à la porte de la cuisine, détaillant tout ce que je voyais. Nargesse s’assit près d’Amanda qui avait déjà distribué les pizzas. Jack présidait la tablée, ce qui n’a pas changé depuis… Il m’invita à prendre place près de lui, en face d’Amanda. J’allais m’asseoir lorsque Taïn franchit le seuil. Il mesurait un mètre soixante tout au plus.
— Taïn Briemson, enchanté de vous connaître.
— Alexandre Bridger, répondis-je en lui rendant la politesse.
— Mangeons, nous allons tout vous expliquer. N’ayez crainte, nous ne vous voulons aucun mal. Votre aide nous serait utile dans cette affaire, nous voulons la même chose. Je pense que vous ne serez pas déçu par ce que vous allez apprendre.
— Tenez, servez-vous, me dit Amanda en me montrant la pizza posée devant moi. Je crois qu’elle vous avait plu.
— Vous avez enquêté sur moi ? Elles viennent d’Italie ? demandais-je en voyant le nom et l’adresse indiquée sur la pochette.
— Nous savons tout de vous, lieutenant. Vous comprendrez aisément que peu de personnes ont accès à cet endroit et que nous ne pouvons rien laisser au hasard. Oui, elles viennent d’un village près de Termoli, un vieil ami qui tient un petit restaurant, je crois savoir que vous y avez déjeuné il y a quelques mois…
— Vous êtes bien renseignés…
— Qui vous a donné son adresse ?
— Une jeune femme me l’a conseillé alors que nous attendions le bus… Nargesse ?
— Je me demandais si vous alliez me reconnaître…
— Il y a une chose que je ne comprends pas, vous m’avez dit il y a quelques heures de ne pas me mêler de cette affaire et me voilà maintenant dans cet endroit futuriste…
— Amanda ne faisait qu’obéir à mes ordres… Elle m’a contacté juste après votre départ. Vous avez découvert des choses qui ont fait de vous une cible. Votre chambre a été fouillée, vos dossiers ont disparu. Nous devons vite arrêter ces criminels avant qu’ils ne fassent plus de victimes. Je pense que lorsque vous aurez les éléments en notre possession, vous pourrez plus facilement tirer vos conclusions. Mais avant cela, nous allons répondre à vos questions, je vous en prie, lieutenant.
Je considérai mon hôte un instant et me décidai à satisfaire ma curiosité.
— Qui êtes-vous ? Pour qui travaillez-vous ?
— Nous travaillons pour l’Ordre de Valaquenta et de concert avec une section spéciale des Nations Unies. Nous sommes une petite équipe officiellement chargée de récupérer et d’analyser tout ce qui ne vient pas de cette planète.
— Tout cet équipement…
— N’est pas originaire de la Terre ou vient d’un futur plus ou moins lointain, comme vous l’avez déjà deviné. Cela peut paraître dénué de sens, mais c’est la réalité. Beaucoup d’êtres qui vivent ici ne sont pas originaires de la Terre. Les générations actuelles sont nées ici, mais leurs ancêtres viennent de planètes différentes.
— Mon peuple vient de Materra, ajouta Taïn. Mon père est nain et ma mère est humaine, c’est la raison pour laquelle je suis plus grand que mes congénères.
— Mes ancêtres sont originaires de Milénia, je suis britanéenne, continua Nargesse.
— Certains de ces peuples ont de grands pouvoirs et malheureusement certains d’entre eux les utilisent à des fins malhonnêtes. Une partie de notre travail consiste aussi à les trouver et les empêcher de nuire. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous travaillons avec les Nations Unies.
Je les écoutais sans mot dire, je savais que mes yeux trahissaient mon émotion et mon enthousiasme. J’assimilais doucement toutes ces informations. J’avais toujours été attiré par les affaires qualifiées d’étranges par mes collègues, celles dont ils se débarrassaient rapidement en les classant sans suite. Les révélations qui venaient de m’être faites donnaient une autre dimension à ces affaires, ainsi qu’une explication logique. Je réfléchissais à toute vitesse, en essayant de remettre tous les éléments dans leur contexte.
— Les criminels auxquels nous avons à faire font partie de ces peuples ?
— Oui, les Sorciers sont les seuls à pouvoir se téléporter dans un endroit confiné.
Des Sorciers ? Les seules personnes que je connaissais qui se donnaient ce nom pratiquaient en cachette des rituels païens et étaient bien humaines…
— Vous êtes aussi l’un d’entre eux ?
— Non, je suis humain.
— Vous courrez très vite…
J’essayais de le prendre à son propre jeu, mais Jack me sourit et réprima un petit rire lorsqu’Amanda lui fit un clin d’œil. Il défit le bouton de sa manche et me laissa voir un étrange bracelet surmonté de ce que je pris d’abord pour une montre.
— Vous êtes un bon observateur, je peux me téléporter, mais c’est uniquement grâce à ce module qui a un temps de rechargement assez long… Revenons à notre enquête, celui ou ceux que nous cherchons sont sans aucun doute des Sorciers. La réponse à votre prochaine question est non, il n’y a pas d’autre téléporteur sur cette planète.
Cet homme pouvait-il réellement se téléporter grâce à un module extra-terrestre ? Même si cela expliquait beaucoup de choses le concernant, je peinais pourtant à le croire. J’avais l’impression d’être un acteur dans un film de science-fiction…
— Les pizzas sont fraîches, le restaurateur ?
— Un Sorcier… Il les a livrées juste avant votre arrivée…
— Qu’attendez-vous de moi ?
— Nous n’avons aucun indice sur l’auteur de ces meurtres ni sur ses motivations. Les deux victimes n’avaient initialement aucun lien entre elles. Pour une raison que nous ignorons encore, Mme Tyler a pris contact avec l’agence, qui soit dit en passant travaille aussi avec l’Ordre, pour lui trouver une maison dans un endroit calme de la campagne belge. M. Achter a été chargé de cette besogne.
Je ne savais toujours pas ce qu’ils attendaient réellement de moi, mais je voulais à tout prix résoudre ces meurtres et je repris une attitude professionnelle.

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